Afin de postuler aux bourses allouées par la Mairie de Vigo pour effectuer un stage linguistique à l’étranger, je lis les 29 pages du dit règlement.
Je pense être au top et avoir déjoué toutes les subtilités de la chose. Je me munis donc de tous les documents que je pense nécessaires dans ma situation. Signés, scannés, me voilà fin prête à les téléverser sur le serveur adéquat. Tout se passe divinement bien, ce qui ne présage quand même rien de bon. Effectivement. Vient le moment crucial où il faut signer numériquement la demande.
N’ayant pas de signature électronique, je regarde la marche à suivre pour en créer une. Devant l’ampleur de la tâche, j’abdique. Il faut trop de patience qu’à ce moment-là, je n’ai pas.
Je dois donc prendre rendez-vous à la Mairie pour aller déposer en personne toute ma paperasse. Rendez-vous pris pour le surlendemain à 9h56. Il est indiqué noir sur blanc que si l’on a 8 minutes de retard, le rendez-vous est considéré comme annulé.
La Marie de Vigo doit être, en toute objectivité, le bâtiment le plus laid de la ville. Une tour bétonnée qui détruit complètement le paysage. À l’intérieur, on se croirait dans un hall de gare bruyant. Je n’ai pas à attendre trop longtemps, car un employé s’approche de moi et me dit de passer devant tout le monde. Pourquoi ? Aucune idée. La fonctionnaire qui, je sens, est déjà au bout de sa vie à 10h me demande mon dossier. Elle a l’air s
ympa et efficace. Et moi, comme j’ai déjà une expérience non négligeable avec mon amie Bureaucratie, j’avais aussi apporté les documents originaux, au cas où. Et bien j’ai été clairvoyante, car elle me les a demandés.
Croisons les doigts pour que ma demande soit acceptée. Sinon, j’aurai déjà un coup d’avance pour la demande de l’année prochaine !
Je savais déjà que le prix variait selon la taille des enveloppes, mais alors là… qui l’eût cru ?
Pour une enveloppe standard de 10 cm sur 15 cm, il faut débourser 30 centimes de plus si elle est colorée.
Le tarif normal de 1,85 € est donc réservé aux enveloppes blanches.
On aura tout vu.
Me voilà donc en train de jouer au Tetris avec mes timbres de 4 centimes, simplement parce que je refusais de coller ce hideux autocollant prérempli qui aurait immanquablement ruiné ma décoration japonaise.
Heureusement, la préposée était de bonne humeur. Bienveillante, elle s’est même prêtée au jeu, comptant avec moi le nombre exact de timbres à ajouter pour que ma lettre parvienne à destination.